Comprendre le cancer du sein

Les techniques modernes de diagnostic permettent de dépister les tumeurs du sein à un stade précoce. Au plus tôt un cancer du sein est détecté, meilleures sont les chances de réussite du traitement. Grâce à des méthodes spéciales, nous sommes en mesure d’identifier des caractéristiques tumorales importantes et ainsi mettre en place un traitement ciblé du cancer du sein.

Qu’est-ce que le cancer du sein?

Le cancer du sein est de loin le cancer le plus répandu chez les femmes en Belgique et dans le monde entier. Cependant, les hommes peuvent également être atteints d’un cancer du sein. Néanmoins, avec un taux de cas d’environ 1 %, le cancer du sein est très rare chez les hommes.

Grâce aux progrès réalisés dans les techniques de dépistage et de traitement, on observe ces dernières années une augmentation continue du taux de survie en cas de cancer du sein.

Structure du sein

Le sein chez la femme (latin : mamma) est composé principalement de graisse, de glandes et de canaux. Les glandes, composées de plusieurs lobes (latin lobi) produisent le lait et les canaux galactophores (latin ducti) servent à transporter le lait jusqu’au mamelon. Le tissu mammaire est traversé par des vaisseaux sanguins et par des vaisseaux lymphatiques qui débouchent dans les ganglions lymphatiques sous l’aisselle.


  1. Muscles

  2. Tissu adipeux

  3. Glande mammaire

  4. Canal galactophore

  5. Mamelon

  6. Côtes

Différents types de cancer du sein

Une maladie tumorale du sein est désignée par le terme de cancer du sein, ou encore carcinome mammaire. Le cancer du sein se développe à partir des canaux galactophores et/ou dans les lobules.

Un cancer du sein est soit invasif ou non invasif. Un carcinome mammaire invasif est caractérisé par le fait que les cellules cancéreuses se sont déjà infiltrées dans les tissus voisins. Tandis que avec le cancer du sein non invasif, la tumeur est délimitée et ne s'est pas encore propagée.

« Carcinome canalaire in situ » (CCIS) (latin in situ = sur place). C’est le type le plus fréquent de cancer du sein non invasif chez la femme. Les cellules cancéreuses peuvent rester confinées pendant des années à l’endroit où elles se sont formées sans s’étendre. C’est pourquoi ce type de cancer à l’intérieur des canaux galactophores n’est pas véritablement un cancer du sein, c’est un précurseur. Un carcinome canalaire in situ n’évolue vers un carcinome canalaire invasif qu’au bout de plusieurs années, cette évolution n’a pas toujours eu lieu.

Le carcinome lobulaire in situ (lobulair carcinoma in situ of LCIS) se forme dans les glandes mammaires du sein. Ce type de cancer du sein ne se développe généralement pas en cancer du sein invasif. Il augmente néanmoins le risque de cancer du sein invasif.

Un « cancer du sein précoce » est un cancer du sein qui se limite encore au sein, ou qui ne touche que quelques ganglions lymphatiques voisins. À ce stade, le cancer du sein est guérissable (traitement curatif).

Lorsque nous sommes en présence d’un « cancer du sein localement avancé », l’invasion des ganglions lymphatiques est déjà étendue ou la tumeur a atteint une taille critique. Malgré cela, une guérison totale est encore possible et le traitement est choisi en fonction.

Au cas où des tumeurs secondaires, appelées métastases, se sont disséminées en dehors du sein, nous parlons à ce moment-là d’un « cancer du sein métastatique ». À ce stade, la maladie est considérée comme n’étant plus guérissable. Les traitements dits « palliatifs » seront employés pour freiner la croissance tumorale, atténuer les symptômes et préserver la qualité de vie de la patiente. Vous trouverez plus d'informations dans le chapitre « Stadification » et sur la page Traiter.

Comment se développe un cancer du sein ?

Tous les jours, la division cellulaire normale dans notre corps entraîne des erreurs qui sont toutefois réparées par le mécanisme de protection de notre organisme. Toutefois, si celui-ci connait des disfonctionnements, ou s’il y a beaucoup d’erreurs commises, les cellules meurent. Dans de rares cas, les cellules ne meurent pas et deviennent cancéreuses. Cette mutation erronée du patrimoine génétique de la cellule est transmise aux cellules filles lors de la division suivante. Les cellules en question deviennent incontrôlables et prolifèrent de façon anarchique. Elles forment alors une excroissance, appelée aussi tumeur.

(1) La division cellulaire d’une cellule saine s’effectue de façon contrôlée. (2) En cas de dommage cellulaire irréparable, la cellule saine se détruit elle-même, c’est la mort cellulaire. (3) Si, malgré le dommage cellulaire, la cellule ne se détruit pas elle-même, on parle de cellule cancéreuse. Elle grandit et se divise, on est alors en présence d’une croissance tumorale.

Facteurs de risque du cancer du sein

Les véritables causes d’un cancer du sein ne sont pas identifiées. Mais il y a certains facteurs censés être liés à l’apparition des cellules responsables du cancer du sein. Certains peuvent être influencés par notre mode de vie, mais nous avons aucune influence sur la plupart de ces facteurs.

Ne vous laissez pas tourmenter par la question de savoir si votre responsabilité est engagée. La cause exacte d’un cancer du sein reste inconnue.

  • Tabagisme

  • Alimentation malsaine et surpoids

  • Diabète sucré (type 2)

  • Consommation excessive d’alcool

  • Périodes d’allaitement courtes

  • Facteurs environnementaux (par ex. rayonnements)

  • Menstruation précoce (premières règles avant l’âge de 13 ans)

  • Ménopause tardive (après 52 ans)

  • Absence d’enfants ou naissance tardive du premier enfant (maternité à 30 ans ou plus tard)

  • Périodes d’allaitement courtes (décision non voulue)

  • Risques généraux liés à l’âge (à partir de 50 ans)

  • Antécédents familiaux : cas de cancer précédent chez une ou plusieurs parentes du premier degré (mère, sœur, fille)

  • Substitution hormonale après la ménopause

  • Diabète sucré (type 1)

  • Prédisposition génétique (par exemple mutation des gènes BRCA)

Dépistage précoce du cancer du sein

Généralement, une détection précoce du cancer du sein a une impact positive sur les chances de guérison. Observer soi-même ses seins est une forme efficace de dépistage précoce. Toutefois, une boule constatée par palpation n’est pas toujours synonyme d’un cancer du sein, des kystes peuvent également expliquer cette présence. Mais chaque petite boule découverte devrait être examiner par un médecin.

Même si un cancer du sein ne cause généralement pas de problèmes au stade précoce, les femmes peuvent constater des modifications dans leur poitrine grâce à une autopalpation. Une attention particulière doit être portée aux anomalies suivantes :

  • Changements de taille ou de forme des seins

  • Différence de taille nouvellement apparue entre les deux seins

  • Creux, plis ou bosses dans le sein

  • Anomalies cutanées comme rougeurs, inflammation ou « peau d’orange »

  • Durcissements ou boules dans le tissu mammaire

  • Boules ou enflures sous l’aisselle

  • Mamelon en retrait ou rougi, ou suintement de liquide

  • Douleurs dans la poitrine

L’auto-examen ne remplace pas un examen médical ou une mammographie de dépistage précoce du cancer du sein.  La Belgique a mis en place un programme de dépistage systématique. Tous les deux ans, les femmes âgées de 50 à 69 ans peuvent passer un examen de dépistage du cancer du sein (mammotest) gratuit. Il existe depuis 2001 et est organisé par les entités fédérées.

Dans chaque Région du pays, des Centres de Coordination sont chargés d'envoyer l'invitation au dépistage tous les deux ans. Les femmes qui reçoivent cette invitation peuvent prendre rendez-vous dans une unité de mammographie agréée. L'examen consiste en la prise de 4 clichés radiologiques (2 pour chaque sein). Ces clichés sont ensuite examinés par 2 radiologues différents, éventuellement par un troisième si les 2 premiers ne sont pas d'accord. En cas d'anomalie, ce qui arrive dans 10 % des cas, la femme est convoquée pour des examens complémentaires.  9,5 fois sur 10, ces examens concluront qu'il ne s'agit pas d'un cancer. Mais une fois sur vingt, le diagnostic de cancer sera établi. Le traitement pourra alors être entamé immédiatement, à un stade précoce de la maladie, avec un meilleur pronostic.

Pour en savoir plus:

De 5 % à 10 % de tous les cancers du sein sont héréditaires. Dans environ la moitié de ces cas de cancer du sein, on observe une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2 (anglais BReast CAncer). Une mutation de gènes est transmise aux enfants par la mère ou par le père et augmente la probabilité de développer un cancer du sein. Certains faits peuvent être un indice de risque génétique d’un cancer du sein :

  • Cas fréquents dans la famille de cancers du sein ou des ovaires

  • Membres de la famille atteints d’un cancer du sein et du cancer des ovaires

  • Apparition de ces maladies à un âge jeune (avant 50 ans)

En cas de risque génétique, les familles peuvent voir un conseiller génétique spécialisé. Après une consultation détaillée, un test génétique peut être fait à l’aide d’une analyse sanguine qui permettra de constater s’il y a modification de gènes.

Si le test génétique constate une modification, les personnes concernées devraient consulter un médecin spécialiste pour établir soigneusement les mesures à prendre. Il est conseillé aux femmes d’intensifier les examens de dépistage précoce. Il existe également la possibilité d’envisager une prévention médicamenteuse ou une intervention chirurgicale.

Le diagnostic de cancer du sein

Une anomalie constatée dans la poitrine est inquiétante, même si elle est anodine dans la plupart des cas. Les techniques modernes de diagnostic permettent aux médecins de déceler très tôt un cancer du sein. Ces techniques ainsi que les nouvelles méthodes de traitements ont nettement amélioré les chances de guérison d’un cancer du sein. L’examen régulier du tissu tumoral facilite le traitement efficace et ciblé du cancer du sein.

Les procédures de diagnostic en bref

La combinaison des méthodes d’imagerie médicale et de la biopsie apporte une grande sécurité pour la pose d’un diagnostic. Les médecins ont une large variété de méthodes d’examen précises, mais chaque patiente est différente et par conséquent, la méthode utilisée dépendra du cas particulier de la maladie.

La mammographie est un examen radiologique du sein chez la femme. Elle fournit des informations sur la position et la taille d’une boule dans le tissu mammaire. La mammographie sert au dépistage précoce du cancer du sein, mais dévoile également d’autres anomalies.

À l’aide d’ondes acoustiques, le médecin examine la position, la taille et la nature d’une éventuelle altération tissulaire. L’examen aux ultrasons permet de ne pas exposer la personne à des rayonnements.

Une imagerie par résonance magnétique enregistre à l’aide d’ondes magnétiques de nombreuses coupes du tissu mammaire. Cette méthode n’est utilisée dans le diagnostic du cancer du sein que pour éclaircir certaines questions.

La tomodensitométrie intervient lorsque l’on craint la présence de métastases. Des rayons X permettent de voir l’ensemble du corps et de rechercher d’éventuelles colonisations tumorales.

La scintigraphie osseuse permet de voir des métastases au niveau des os Le médecin injecte pour cela un produit de contraste radioactif qui s’accumule dans les os et fait apparaître l’ensemble du squelette. Le rayonnement émis est très faible et n’est pas comparable avec une radiographie.

Pour une tomographie par émission de positrons (TEP), une solution sucrée faiblement radioactive dévoile les processus métaboliques dans l’organisme. Les tumeurs présentent fréquemment un métabolisme différent de celui d’un tissu sain. L’association de TEP et de TDM permet de localiser avec précision les tumeurs dans une zone du corps ou un organe.

Une biopsie désigne le prélèvement, puis l’analyse d’un échantillon tissulaire. Le prélèvement de tissus s’effectue la plupart du temps par méthode dite mini-invasive qui utilise une aiguille fine pour prélever l’échantillon de tissu.

Dépistage : l’examen histologique

Outre un diagnostic sûr, une biopsie donne des informations vitales sur les caractéristiques biologiques des cellules tumorales, ce qui permet de déterminer le traitement le mieux adapté. L’examen histologique concerne les paramètres ci-dessous :

Les cellules saines du tissu glandulaire mammaire présentent des récepteurs hormonaux qui fixent les hormones sexuelles féminines œstrogènes et progestérones. Chez environ 70 % à 80 % de toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein, les cellules tumorales présentent aussi ces récepteurs. Le cancer du sein est alors qualifié de cancer à récepteurs hormonaux positifs (RH+). En fixant des œstrogènes ou des progestérones, les récepteurs stimulent la prolifération des cellules et la tumeur connaît une croissance hormono-dépendante. Si les cellules tumorales ne présentent pas de récepteurs hormonaux, il s’agit d’un cancer du sein à récepteurs hormonaux négatifs (RH-).

Le HER2 est un récepteur qui normalement joue un rôle dans le développement normal des canaux de la glande mammaire.  Dans Les cellules cancéreuses, il existe des anomalies génétiques qui entrainent une augmentation importante du nombre de récepteurs HER2 et stimulent ainsi la croissance de la tumeur. On parle alors d’un cancer du sein HER2-positif. Environ 15-20% de toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein en Belgique sont HER2-positives.

Certaines tumeurs n'ont pas de récepteurs HER2. En outre, la tumeur peut également être dépourvue de récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. En raison de l'absence de ces 3 caractéristiques, on parle de cancer du sein triple négatif. Environ 15% de tous les cancers du sein sont triples négatifs.

Le Ki67 est une protéine qui n’existe dans les cellules que si celles-ci se divisent, donc prolifèrent. L’évaluation de Ki67 est exprimée en pourcentage et renseigne sur la vitesse de croissance d’une tumeur. Un pourcentage de Ki67 élevé signale une tumeur à croissance rapide.

Dans certains cas, les cellules tumorales sont soumises à un examen nommé « expression de l’analyse génique » lorsque les caractéristiques tumorales constatées laissent encore place au doute quant au traitement à adopter.

Stadification : signification des classifications

La classification des différents stades, ou stadification, décrit l’extension du cancer du sein et aide les médecins à définir un traitement. Elle suit le système dit TNM, ces trois lettres désignant :

  •  T (tumeur) : taille et extension de la tumeur

  • N (nœud) : absence ou présence de métastases dans les ganglions lymphatiques

  • M (métastases) : absence ou présence de métastases à distance

La classification TNM répartit les cancers du sein en quatre stades, de I à IV.

Cancer du sein localement délimité (cancer du sein précoce)
Cancer du sein localement avancé (cancer du sein précoce)
Cancer du sein métastatique (cancer du sein avancé)

Fondation contre le cancer

Fondation ARC pour la recherche sur le cancer

R.E. : Pharm E. De Bruyne - M-BE-00001383 - Created on 04/05/2022


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