Réunion de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaire

Ou quand connaissances et données convergent pour permettre de personnaliser les soins de santé

La convergence des connaissances médicales, de la technologie et de la science des données révolutionne la façon dont les oncologues peuvent définir le traitement des personnes atteintes de cancer. 

En une décennie seulement, les schémas thérapeutiques des patients sont passés d’une approche universelle à une approche plus précise et adaptée. Cette approche personnalisée des soins de santé cherche à identifier le meilleur traitement pour chaque patient en fonction de ses caractéristiques uniques. Chez Roche, cela signifie que nous pouvons tenir notre engagement d’identifier le bon traitement pour le bon patient au bon moment.

Comprendre l'ADN du cancer

Les développements de la médecine génomique, l’étude de nos gènes (ADN) et de leur interaction avec notre santé ont ouvert la voie à une nouvelle manière de déterminer les traitements du cancer. Les scientifiques peuvent désormais obtenir des informations uniques sur l’ADN d’un cancer afin d’identifier les mutations spécifiques qui ont mené à l’apparition d’une tumeur maligne. Cela offre de nouvelles possibilités de diagnostic et de traitement du cancer, y compris la possibilité de prédire comment la maladie d’un patient pourra répondre à un schéma thérapeutique.

Grâce à l’identification du profil génomique d’une tumeur, un oncologue peut envisager les traitements ou thérapies qui seront les plus efficaces pour cibler les cancers causés par une mutation génétique spécifique. Au plus on en apprend sur les mutations génétiques, la façon dont elles affectent les individus et dont elles répondent aux différentes thérapies, au mieux on pourra adapter les schémas thérapeutiques au profil d’un patient.

Comment collecter les informations sur la réponse d’une mutation à une thérapie donnée et s’assurer d’en tirer des leçons ? C’est là que la capacité à partager des données sur les patients et leur réponse au traitement est cruciale.

Le rôle du Comité de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaire

De nombreux hôpitaux disposent de comités de concertation moléculaire aujourd’hui. Ceux-ci tiennent des réunions pluridisciplinaires dans lesquelles, associant connaissances scientifiques et données, ils discutent ensemble de cas individuels de patient, en examinant les informations dont ils disposent localement à propos du profil génomique spécifique de la maladie et en les comparant à d’autres cas similaires. Lors de ces réunions, scientifiques et praticiens évaluent les différentes options de traitement possibles au cas par cas. Ils ont cependant chacun des approches différentes quant à manière d’analyser les données sur la tumeur, ce qui peut rendre la comparaison des données entre hôpitaux plus complexe.

La capacité à partager et tirer parti des données du monde réel est essentielle pour renforcer les connaissances sur le potentiel des thérapies et cibler des mutations spécifiques ; cela est particulièrement important dans le cas d’une mutation rare ou inhabituelle
Elisabeth Coene Responsable de la Médecine Personnalisée chez Roche.

Des possibilités d’application généralisée

En ce qui concerne le cancer, le temps est un élément essentiel : l’automatisation numérique du traitement des données offre aux oncologues un temps précieux, leur permettant de disposer des informations utiles en quelques semaines à peine et d’ainsi réduire au minimum les délais pour la mise en place des schémas de traitement.

Comme le confirme le Prof. Hans Prenen, Chef Adjoint du Département Oncologie à l’Hôpital Universitaire d’Anvers : « Grâce à ces avancées en matière de profilage tumoral et d’intégration des données réelles, les oncologues peuvent apporter de la clarté dans un paysage complexe, on peut ainsi découvrir une mutation très rare, qui risque de n’apparaître que dans un ou deux cas à travers le monde, et identifier les médicaments appropriés pour traiter ce patient en particulier.».

Pour les cliniciens comme le Professeur Prenen, les techniques avancées de profilage et d’analyse utilisant des données réelles offrent une preuve solide du potentiel de l’approche personnalisée en médecine. « Un de mes patients était en soins palliatifs sans option de traitement », explique-t-il. « Mais en procédant au profilage génomique, nous avons réussi à identifier un traitement pouvant agir sur la mutation très rare qu’il présentait. Nous avons à présent redonné espoir à ce patient, qui bénéficie aujourd’hui d’une bonne qualité de vie. ».

Grâce à ces avancées en matière de profilage tumoral et d’intégration des données réelles, les oncologues peuvent apporter de la clarté dans un paysage complexe, on peut ainsi découvrir une mutation très rare, qui risque de n’apparaître que dans un ou deux cas à travers le monde, et identifier les médicaments appropriés pour traiter ce patient en particulier.
Prof. Hans Prenen Chef Adjoint du Département Oncologie à l’Hôpital Universitaire d’Anvers.

Uniformiser l’approche pour offrir des soins de santé personnalisés

La Belgique a toujours été à la pointe de l’innovation médicale. Il y a un peu plus d’un an, nous nous sommes associés à la Société Belge d’Oncologie Médicale (Belgian Society of Medical Oncology, BSMO) dans le cadre d’une collaboration unique visant à co-créer un projet pilote, GeNeo, et établir un cadre de portée nationale pour les soins de santé personnalisés dans le système de santé belge. 

Plus tôt en mars, lors d’un événement virtuel à l’occasion du premier anniversaire de l’accord GeNeo, la BSMO a démontré en quoi les Réunions de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaire représentent la nouvelle pierre angulaire de la médecine de précision en oncologie.

Un des objectifs de GeNeo est la mise en place d’un Réunion de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaire au niveau national (National Molecular Tumour Board, nMTB), qui pourrait standardiser la façon dont les informations sur les patients peuvent être comparées. Les oncologues pourraient utiliser ces informations pour décider de la marche à suivre quant au schéma thérapeutique d’un patient, en ayant une meilleure connaissance de son potentiel d’efficacité.

Au bout du compte, la mise en œuvre du projet GeNeo et la création d’un nMTB pourraient devenir une avancée majeure démontrant le potentiel des soins de santé personnalisés au-delà du cancer, une avancée qui permet de prendre en compte et comprendre les caractéristiques uniques de chaque patient afin d’envisager à son attention la prise en charge thérapeutique dont il bénéficiera le plus.