La pandémie COVID-19 : un véritable coup de pouce pour une meilleure prise en charge des patients ?

Alors que des essais et des études sont en cours, l'opportunité de réfléchir aux avantages positifs que la crise a procurés est devenue évidente. Moyens innovants pour poursuivre les essais pendant la crise, alternatives de soins au bénéfice du patient... COVID-19, un effet booster pour une meilleure prise en charge des patients ?

[pharma.be]: Où est Roche dans la course au traitement COVID-19 ?

[Brigitte Nolet]: Nos efforts se concentrent actuellement sur les essais cliniques. Il s’agit d’une étape cruciale puisqu’ils contribuent à alimenter les connaissances scientifiques, peu importe que le résultat soit positif ou négatif. Nous étudions l'innocuité et l’efficacité d’un médicament anti-inflammatoire de Roche pour les patients hospitalisés suite à une pneumonie associée au COVID-19.

Roche a un programme d'essais cliniques en cours évaluant le rôle éventuel de ce médicament dans la pneumonie à COVID-19. L'un des essais cliniques effectué n'a malheureusement pas atteint son critère principal d'amélioration de l'état clinique ni le critère secondaire clé de réduction de la mortalité des patients. Néanmoins, Roche continue de l'étudier plus avant en tant que traitement potentiel pour les patients atteints de pneumonie associée au COVID-19 dans divers essais cliniques.

Nous poursuivons également nos efforts pour explorer davantage ce médicament dans d'autres contextes de traitement, ainsi que du côté de Roche Diagnostique, ce qui souligne la nécessité de disposer de plusieurs lignes de défense contre les complexités du COVID-19. Roche s'est associée à Gilead pour étudier l'association de notre médicament avec leur médicament antiviral ayant une activité potentielle contre le COVID-19. Roche collabore également avec Atea Pharmaceuticals pour développer un traitement oral potentiel pour les patients atteints de COVID-19.

Enfin, Roche s'est récemment associée à Regeneron pour collaborer au développement et à la fabrication d'une combinaison de deux anticorps pour le traitement et la prévention de l'infection COVID-19. Ce produit est actuellement testé dans des essais cliniques de stade avancé.

La Belgique est un partenaire important pour mener des essais cliniques, et ce depuis de nombreuses années déjà. Nous avons des sites avec de bons experts thérapeutiques qui ont une expertise dans les essais cliniques de la phase I à la phase IV.
Brigitte Nolet General Manager Roche Pharma BeLux

La Belgique a-t-elle participé à cet essai ?

[BN] La Belgique est un partenaire important pour mener des essais cliniques, et ce depuis de nombreuses années déjà. Nous avons des sites avec de bons experts thérapeutiques qui ont une expertise dans les essais cliniques de la phase I à la phase IV. La Belgique n'a pas participé aux études COVID sponsorisées par Roche parce que le critère de sélection, en mars, était d'avoir un taux élevé de patients COVID-19 confirmés. Nous avions une capacité de dépistage limitée à ce moment-là par rapport à d'autres pays, ce qui a entraîné un faible nombre de cas épidémiologiques confirmés. Nous n'avons donc pas été sélectionnés car la sélection des pays effectuée par notre siège mondial est basée sur un traitement de faisabilité robuste.

En ces temps exceptionnels, Roche se tient aux côtés des gouvernements, des prestataires de soins de santé et de tous ceux qui travaillent pour surmonter la pandémie.

Vous trouverez plus d'informations ici.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de la crise du COVID-19 ?

[BN] La crise du COVID-19 a eu un impact sur la façon dont nous menons les essais cliniques. Le nombre élevé d'amendements liés au COVID a eu un impact sur les délais d'approbation des protocoles initiaux par les autorités sanitaires et certains comités d'éthique. Certains patients ne pouvaient ou ne préféraient pas se rendre à l'hôpital pour leurs visites d'étude et dans certaines études, le recrutement de nouveaux patients était compromis. Cela dit, Roche, en partenariat étroit avec toutes les parties prenantes, a assuré la continuité de toutes les études en cours et de nouvelles études ont même été activées. À ce jour, Roche mène 127 études en Belgique.

La communauté des soins de santé a été forcée de sortir des sentiers battus. Cela s'est positivement traduit par une collaboration plus intégrée entre tous les acteurs afin de renforcer l'efficience et l'efficacité de la gestion des essais cliniques. Cela a également ouvert la voie à une accélération de l'innovation, ce qui est formidable.

Une telle expérience doit être suffisamment exploitée, la liste d'exemples est longue : optimiser les délais de démarrage des essais cliniques, améliorer l'efficacité des pilotes du Clinical Trial Regulation (CTR), introduire la digitalisation dans la conduite des essais (e-consentement, e- dispositifs, signature électronique, télémédecine), améliorer la collaboration virtuelle entre le sponsor et les professionnels et organisations de santé, permettre la livraison à domicile de médicaments, encourager les soins infirmiers à domicile, mener une nouvelle conception d'essais et favoriser une communication ouverte et transparente avec les autorités compétentes.

Ce sont des temps sans précédent et notre objectif ultime est de fournir les meilleurs soins possibles aux patients.

Article publié sur le site de pharma.be